L’an dernier, lors du Salon Petit1, j’ai assisté à une conférence d’Odile Périno, « Des espaces pour jouer » Eres ed. 2014.

Odile Périno des espaces pour jouer

Le titre, un peu barbare je l’avoue, était :

Mettre en place des espaces de jeu pour favoriser le développement sensorimoteur, cognitif, social…

Cette conférence nous a permis de nous interroger sur nos façons de faire, notre regard sur l’enfant qui joue,… voici ce qu’Odile Perino en dit :

Vivre ou jouer : c’est l’adulte qui parle de jouer

Il y existe peu de différences entre jouer et vivre pour un enfant. Par exemple, ranger des cuillères et ranger des légos représente la même chose pour l’enfant, mais l’adulte y verra du jeu seulement pour les légos. Ce sont les adultes qui définissent que les enfants jouent.

Le jeu sensori-moteur est un terme trop restrictif car il est aussi cognitif et émotionnel. Nous nous intéressons plus souvent au fait que l’enfant marche qu’à tout ce qui se passe autour, notamment émotionnellement vis-à-vis des parents.

Définition du JEU selon J. Huizinga :

  • une activité libre
  • sentie comme fictive, située en dehors de la vie courante
  • capable d’absorber totalement le joueur
  • dénué de tout intérêt matériel et de toute utilité (différent des ateliers dirigés)
  • dans un lieu et un temps donné

Il y a jeu quand il y a conscience de jouer. C’est donc l’adulte qui dit que l’enfant joue, puisque l’enfant n’a pas toujours conscience qu’il joue.

Le professionnel doit alors laisser l’enfant libre, le laisser prendre des risques tout en étant responsable de cet enfant ⇒ PARADOXE

Il faut réfléchir à un cadre ludique et composer des « invitations à jouer », qui sont différentes des activités dirigées (alternance des 2 sur la journée).

Les enfants rencontrent des « empêchements à jouer » :

  • Manque de sécurité affective (désir de l’adulte de voir l’enfant jouer)
  • Manque d’objets
  • Manque d’énergie (maladies, trauma)
  • Certains handicaps

Dans des cas habituels, les 2 éléments indispensables au jeu sont les adultes et les jouets.

A quoi sert le cadre ludique ?

  • Faire exister le jeu comme activité spécifique.
  • Il est au service du joueur pour expérimenter et répéter des actions qui sont au fondement de toute connaissance.
  • Il soutient l’adulte comme accompagnant au jeu et donne sens à sa présence et à sa disponibilité (être là, prêt à répondre à l’enfant sans interventions intempestives).

Les principes de base du cadre ludique :

L’ESPACE

→ Séparation des différents espaces selon les types de jeux
→ Séparer les jeux de manipulation et de motricité globale
→ Ranger de temps en temps pour que l’enfant puissent jouer (l’adulte peut catégoriser, même un « bazar », l’enfant s’éparpille et ne se concentre plus donc ne peut plus jouer)

LES JOUETS-JEUX

→ Choisis avec soins et appropriés selon les espaces
→ Doivent être présents visuellement car donne envie de jouer (les installer pour qu’ils soient repérables)
→ Changés régulièrement
→ Repérer les objets qui « marchent » mieux que les autres

LES PRESENCES ADULTES

→ Réfléchies auparavant
→ Dans le champ visuel de l’enfant (sécurité affective), en observation, en empathie, à hauteur des enfants
→ Renoncer à notre pouvoir et à notre capacité de savoir-faire (à la différence des activités dirigées).

Conseils : Lorsque de nouveaux jouets arrivent à la crèche, laisser les enfants y jouer seuls ou alors y jouer avant de leur proposer afin de ne rien interrompre de leur découverte et de leur plaisir : les laisser libres !

LES REGLES / USAGES DES LIEUX

LE SENTIMENT D’APPARTENANCE

L’enfant se sent bien, chez lui, appartenant à un groupe (ex : ludothèque)

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